VERPAELE - Cpl - Mat 12000

1st Batallion - D Coy - 3rd Pl

 

SOUVENIRS de la BRIGADE PIRON

 

Composition du 1er Bataillon - D Coy - 3ème Peloton (situation  au 1er avril 1945)

1er Bataillon : Major JANSSENS ( du Congo)

D Coy : Lt SERRUYS  (Comd 2d : Lt MAES)             CSM  : 1Sgt Roger EGERICKX

1er Pl : Slt DENBLYDEN,J         2e Pl : Adjt VREVEN          3e Pl : Slt COLAU (Adjoint : 1Sgt CORTEBEEK)

Composition du 3ème Peloton du SLt COLAU : Sgt ESTEVENART (Mortier) - Pvt MISSON, VOST, QUINTARD,PEDE, DEMUNCK, LION

    1ère Section :  Sgt PRIMEU, Pvt VAN NIEUWENHUYSEN, NUYTTENS, SWINNEN, KINDERMANS, CLAESSENS, VAN DESSEL, WILLEM

    2ème Section : Sgt PERIN, Cpl JANSSENS, Pvt CUSTERS, VAN GLABEEK,

    3ème Section : Sgt SALMON, Cpl VERPAELE, Pvt RONDOZ, MICHOTTE, DECHARNEUX, SCHELPE, GELTMEYER, LEROY, BOUHY  

 

 

Mon incorporation eut lieu à Hamme à la 7e Cie du 2e Bn commandée par un vieil adjudant, remarquable chef. Mon matricule 501/12000. Nous logions dans les bâtiments d’une école primaire et disposions d’un robinet d’eau pour 200 hommes!  Avec de Roust nous nous étions débrouillé pour disposer, tous les matins, d’un baquet d’eau chaude chez un médecin.

Après 6 semaines d’instruction primaire nous partons pour la caserne de St Nicolas Waes laquelle avait  récupéré des carreaux, lesquels avaient été soufflés  par une V1.

Le 1er à St Nicolas (bilingue), le 2e à Hamme (flamand) le3e à Tamise (francophone)...Au 1er Bn, commandant Major Janssen (de la Force Publique du Congo) les Cie A, B  et C étaient unilingues, dans la mienne ; Cdt de Cie Ltd Serrus, Cdt en second Ltd Maes, (tous les deux de la réserve), CSM Eggerickx.  1er peloton (francophone), s/lt DenBlyden, 2e peloton (flamand), adjudant Vreven, 3e peloton, le mien,  s/lt Colau,( le seul venant d’Angleterre) adjoint 1er sergent Cortebeek; Au 3e Pl la 1e section était francophone, la 2e flamande, la 3e, la mienne, mélangée. Celle-ci comprenait : soldat faisant fonction (ff) Sergent. Moi, soldat ff caporal Bren Leroy, soldats ; Bouhy tireur Bren, Geltmeyer, Schelpe, Decharneux, Rondoz, Michotte et un autre soit 9 en tout., un groupe mortier  2 pouces de 3 hommes, une ordonnance, Vosté et une radio total, 34 hommes

Les soldats ff sergent sont rassemblés dans une salle de cinéma non chauffée, il gèle, pour suivre une formation de sous officier, ensuite nous allons à la caserne  pour être tous logés ensemble dans le grenier.

Désigné comme chef de poste à l’entrée de la caserne j’ai eu le « privilège » de subir une inspection de Piron et de ne pas être cassé comme mon prédécesseur.

Fin mars, après 3 mois d’instruction, nous partons à Achter Bos dans le Limbourg, où nous logeons dans une école sur sacs de couchage remplis de paille.

Vers le 1er avril nous partons, deux sections par camions, assis sur nos kitbags vers le Waal et prenons position sur la rive sud, de celui-ci.

Notre dispositif : deux sections, chacune dans une maison sur la digue, une section en réserve, ma section dans la maison est, à un km des voisines. Les SS sont en face à 700 m, largeur du Waal, ils avaient 4ans de combat derrière eux.

Deux anecdotes :

Un jour je décide de visiter mon voisin  en me promenant sur la digue, pas de réaction des frtz. Après la capitulation, en Allemagne, un ss off allemand rencontre un de nous et raconte qu’ils ne s’étaient pas laisser abuser par le mannequin sur la digue pour leur faire dévoiler l’emplacement de leurs mitrailleuses ! Aux innocents les mains pleines !

Un autre jour Piron se pointe en tenue de général avec passepoil rouge sur les revers de son Battle dress. Il reste planté 9 minutes sur la digue puis s’en va. Une minute après son départ on est soumis à un  tir de 88. Le salaud savait qu’il fallait 10 minutes pour commander un tir.

Re camions pour aller prendre position au nord du Waal face au village de Druten, en passant par Nimègue. Après avoir débarqué, la cie progresse de nuit, en colonne par un sur la digue, entre les mines anti personnelles, pour prendre position accolé, en demi cercle, à la digue   fleuve : 1er Pl, puis 2e Pl, ensuite le 3e pour terminer le demi cercle.

Le terrain avait été miné, le bétail avait déminé ! .Les cadavres étaient sur place deux vaches et un cheval 5m devant mon trou, odeur pestilentielle et eau polluée, le paradis ! Le 1er jour nous n’avons pas su manger, le 2e la faim l’a emporté.

Le Bn était à 600m derrière nous et de ce fait la nourriture ne nous parvenait pas toujours. Quelques hommes ratissaient les fermes abandonnées des environs pour trouver de la nourriture ; Un jour ils trouvèrent une vache survivante, Découpée par un volontaire, boucher dans le civil, elle fut mangée en un jour par le peloton.

Un autre jour un homme du 1er Pl et deux du 2e se firent surprendre et fait prisonniers. Ils donnèrent des informations contradictoires aux SS sur nos effectifs. Pour vérifier ils envoyèrent une patrouille de combat de 50 hommes. Aperçu par un fourrageur du 1er Pl celui ci revint en courant en criant  « les boches arrivent » Les 25 hommes du Pl s’élancèrent en criant à l’assaut. Croyant être tombés dans une embuscade, ils prirent la fuite abandonnant un mort et 3 prisonniers. Las hommes étaient sans chefs de section ni chef de peloton, convoqués au PC. Les prisonniers tirent remis aux MP.

Ensuite, le Bn prit position en avant de nous et ma section entourait un char  fléau qui avait sauté sur une mine dans un tournant.   A sa vue  les SS nous gratifièrent  d’un tir de 88. A ce moment, je distribuais les rations, 6 hommes   s’empilèrent dans mon trou de 30 cm de profondeur.

Huit jours plus tard nous dépassâmes le Bn pour prendre une nouvelle position plus en avant, le 2e Pl adossé à la digue et nous à sa droite dans un verger. 1er Pl en arrière.

Dans toutes nos positions nos trous n’avaient que 30 cm de profondeur, la nappe phréatique était à ce niveau!  La protection était illusoire.

A la réception de la nourriture, les fritz nous arrosaient avec leurs Spandau heureusement très imprécises, nous obligeant à nous terrer et à manger froid. Une fois une bombe de mortier tombât sur le fusil que le soldat épaulait, le canon fut sectionné et le soldat culbuté au fond de son trou, mais juste commotionné.

Autres anecdotes.

Après avoir été appelé à l’arrière, je revenais en marchant sur la digue quand les SS nous gratifièrent d’un bombardement de 88 ce qui m’obligeât à ramper sur plusieurs centaines de mètres. Lorsque arrivé dans mon verger, il faisait noir et alors que je n’étais qu’à quelques mètres de mon trou, sans avoir rien entendu, un impact de balle à10 cm de mon pied, tiré par un sniper. Quoi faire, me coucher et ramper ou bondir dans mon trou ? Cette réflexion donne l’impression de durer une éternité mais se fait en une fraction de seconde. J’ai bondis.

Un bunker situé près de la digue nous arrosait avec ses Spandau, heureusement une arme peu précise, mais gênante. Le 1er sergent Cortebeek mis un bren sur trépied en batterie et abattit les soldats à leur sortie du bunker. Une demande de tir d’artillerie pour détruire le bunker n’aboutit à rien vu l’imprécision des tirs des artilleurs anglais ; Un avion Typhon en une passe a réglé le problème

Piron avait donné ordre au chef du 2e Pl., l’adjudant Vreven, d’envoyer une patrouille de 3 hommes, mais celle-ci n’avait pas fait 10 m qu’un homme sautait sur une mine anti personnelle. Refus de Vreven de recommencer sur des informations erronées. J’ai retrouvé Vreven à l’école du Gn. Si celui ci était avare de la vie de ses hommes il était personnellement très courageux, comme j’ai pu le constater ultérieurement.

Par après Piron donnât ordre au sLt DenBlyden de former une patrouille de combat avec son Pl  renforcé. Celle-ci tombât sur un nid de mitrailleuses SS et ne dut son salut qu’au réflexe d’un chef de section qui tira sur le nid avec un Piat (arme anti char portative)

 

La guerre se termina aux Pays Bas le 6 mai, l’amiral Doenitz, désigné par Hitler comme son successeur, capitulât sans conditions. A ce moment nous étions en repos à l’arrière.

J’ai faillis perdre un pied en quittant la digue, j’ai mis mon pied juste à coté d’une mine anti personnelle. Si la guerre était bien terminée, le danger était toujours là.

Nous fîmes mouvement en camion, en contournant les inondations qui nous faisaient face, par Nimègue, pour désarmer une Cie parachutiste et un Bn de fusiliers marins, lesquels abandonnèrent le salut hitlérien contrairement aux paras.

Avec ma section, je fus mis de garde au camp de prisonniers (un simple champ non clôturé). Le 2e jour ne voyant pas arriver de relève je me rendis au QG où je trouvais toute la Cie en état d’ivresse, j’obtiens d’être relevé par une section de soulards. Piron inspectât la section de garde et cassât le chef de section. 

La situation alimentaire des hollandais était catastrophique, ils manquaient de tout. Les soldats belges, le1er jour, leur vendaient une cigarette pour 3 florins, puis le prix est descendu à 1 florin par cigarette ! 

Les Néerlandais ne supportaient pas notre « occupation » nous sommes partis en Allemagne à Rheine pour construire une clôture autour du château qui devait servir de prison pour des grands chefs nazis.

Re déménagement vers le village d’Enigerloh en Wesphalie, où la Cie s’installe, un Pl par maison, une section par étage. Comme tous les villages, il disposait d’une piscine à ciel ouvert.  J’ai nagé quotidiennement jusqu’au 15 octobre.

 

P. VERPAELE

1er Bataillon D Coy 3e Pl 3e section