MAITREJEAN Jean - Sgt - Mat 4292

1st Company - 4th Assault Pl

 

 

 

Témoignage paru dans le Bde Piron Magazine suite à son décès en 2006

 

 

Né à Saint-Médard le 03 juin 1923, Jean Maitrejean est décédé le 25 septembre 2006 à Sunderland (G.B.).
Il arrive à Marche-en-Famenne le 1er octobre 1936. Evacué le 10 mai 1940 avec les C.R.A.B, dans des camions de la société Remacle, il se retrouve à Marche-en-Famenne le 5 août 1940 et s'installe à Jupille, près de Liège, le 20 mars de l'année suivante.

C'est le 11 mai 1942 qu'il décide de quitter la Belgique après une altercation avec un feldgendarme qui essayait de prendre son vélo. Il est hébergé dans une ferme à Mionnay près de Lyon chez madame Giradon.
Son compagnon de fuite, Charles Burtin, est arrêté et remis aux autorités allemandes d’occupation. Quinze jours plus tard c’est lui qui se fait prendre, mais par la gendarmerie de Vichy. Il est conduit au fort Saint-Jean de Marseille et, après quatre mois, s’engage à la Légion Etrangère pour ne pas être remis entre les mains de la Gestapo.

Après le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord en novembre 1942, il est transféré au 3e R.E. (Régiment Etranger) et participe à la campagne de Tunisie de décembre 1942 jusqu'au 10 mai 1943. De retour à Sidi-Bel-Abbès, son contrat à la Légion résilié, à la demande du gouvernement belge, il arrive en Angleterre en août 1943 où il est incorporé au "First Belgian Independent Group" des F.B.G.B. comme fantassin au 3e peloton de la 1e Compagnie (25 mars 1944).

En août 1944, Jean Maitrejean débarque en Normandie et est blessé à Auberville alors que six de ses compagnons sont tués ainsi qu’un patriote français, le lieutenant Lefèvre. L’aumônier Dethise qui se porte au chevet des mourants et des blessés est atteint à son tour. Après trois mois d’hospitalisation en Angleterre, il rentre en Belgique (Louvain) en novembre 1944.

Il est promu caporal le 21 novembre 1944. La 1e Compagnie de la Brigade est transférée à Saint-Nicolas Waas et le même jour une bombe volante tombe sur l’aile de la caserne faisant 17 tués et de nombreux blessés dont son ami Joseph Ohn qui perd la vue. Lui-même n’a que quelques égratignures.

Il reçoit l’ordre de se rendre à Hamme où la 2e Compagnie, avec l’apport de volontaires, devient le 2e bataillon. Il y forme au drill anglais 160 recrues de langue flamande. De retour à Saint-Nicolas, il est promu sergent le 15 janvier 1944.

A la demande du lieutenant Jacobs, promu Capitaine de la B. Coy du 1er Bataillon, il est incorporé dans une compagnie flamande comme sergent-adjoint de Peloton. En occupation en Allemagne, il est désigné pour instruire des sous-officiers ex-prisonniers de guerre transférés à la Brigade.

A sa demande, il est démobilisé le 1er février 1946 et rejoint sa femme en Angleterre où il fait carrière dans l’imprimerie.

Comme président de l’Amicale des anciens combattants belges en Grande-Bretagne sa plus grande satisfaction a été de voir aboutir le projet du monument au cimetière militaire de Brookwood, accomplissement d’une victoire de reconnaissance pour nos 48 Belges qui y sont enterrés.